ARTICLE DU MONDE 2 publié le 11 Juin
Depuis la fondation
de la première radio libre italienne, Radio Onda Rossa, Carlo Petrini, 55 ans, a
une longue expérience d'agitateur culturel. Et, parallèlement, d'amateur de
bonne chère. Avec quelques amis, il a fondé, en 1988, Slow Food, une association
pour laquelle il n'y a pas de vraie gastronomie sans défense de l'environnement
ni du commerce équitable. Une idée puissante qui fart désormais son chemin dans
le monde entier.
le 2 avril 2005, vous étiez à Belley (Ain) avec les membres
de Slow Food France pour fêter le 250e anniversaire de la naissance de
BrillatSavarin, enfant de cette cité du Bugey. Pourquoi Slow Food s'intéresse t
il tant à fauteur de la Physiologie du goût? Lorsque j'ai lu la troisième
Méditation de la Physiologie du goût, consacrée à la gastronomie, j'ai été
impressionné par la modernité de ce texte. D'autres parties ont mal vieilli et
sont nettement moins intéressantes mais la définition que donne Brillat Savarin
de la gastronomie comme une science complexe me paraît d'une actualité
incroyable. Pour la première fois, un homme qui n'est pas du métier accorde à la
gastronomie une dignité culturelle et la désigne comme le lieu de croisement de
savoirs divers et complexes: l'agriculture, la politique, l'économie, la
biologie, la médecine et même la physique et la chimie. Expliquer cette
complexité, rendre la gastronomie aux produits, aux producteurs, à Terra Madre,
à la terre nourricière, tel est aujourd'hui le défi de Slow Food. Comment
comptez vous le relever? Durant toute l'année, les « conviviums » [unités
locales de Slow Food] vont organiser différentes manifestations en France, en
Suisse, aux Pays Bas et aux Etats Unis. Partout où Brillat Savarin a séjourné
pour y défendre une idée nouvelle de la gastrono mie. Plus large, plus ouverte
sur le monde, plus soucieuse de la biodiversité. Voilà quinze ans, nous avons
entamé la construction à l'envers, en nous occupant uniquement du contenu du
verre et de l'assiette. Lentement, nous avons remis les choses à l'endroit en
nous intéressant aux produits, aux producteurs et aux conditions de production
de notre alimentation. Aujourd'hui, Slow Food revendique cette complexité de la
gastronomie, qui occupe une place de plus en plus importante dans l'histoire
contemporaine. Comment Slow Food, qui était à l'origine une association oeno
gastronomique, est elle devenue éco gastronomique? Non loin de Bra [siège de
Slow Food, dans le Piémont], il y avait un village dont la spécialité était le
poivron « quadrato » d'Asti, bien carré, bien en chair. Un jour, je commande
dans une osteria locale une peperonata, une fricassée de poivrons. Rien à voir
avec le plat que j'aimais. Les poivrons arrivent des Pays Bas m'a t on expliqué.
Là bas, la production est régulière toute l'année, ils sont toujours de la même
qualité et, de plus, ils coûtent moins cher. Ils avaient simplement perdu leur
goût en cours de route. Mais il y avait pire. Les paysans qui cultivaient jadis
ces poivrons «quadrato » cultivaient désormaisdes bulbes de tulipes qui
partaient aux Pays Bas... Le prix du transport, la disparition du poivron d'Asti
et la perte du goût dans l'assiette, là j'ai dit stop. II n'est pas possible de
faire de la vraie gastronomie sans respecter la question environnementale. Le
gastronome qui ne regarde pas derrière les plats, qui ignore que ce qu'il mange
peut causer la destruction de l'écosystème, est stupide. C'est le moment où Slow
Food a changé de rythme. De «slow », il est passé à «fast » parce que, s'il y
avait plein d'associations oeno gastro nomiques, nous devenions l'unique
association éco gastronomique. Ce fut la renaissance totale, génétique, de Slow
Food. Le concept de l'Arche du goût est né dans cette perspective? L'idée de
l'Arche, c'est de redécouvrir et de répertorier des saveurs oubliées, ainsi que
les produits gastronomiques d'excellente qualité menacés de disparition. Dès sa
création, en 1996, plus de 750 produits en provenance d'Italie mais aussi du
monde entier ont ainsi été répertoriés. Ils figurent désormais dans l Arche, qui
est leur symbole. Quel rôle jouent les Sentinelles dans cette structure? Les
Sentinelles sont les bras de l'Arche. Ce sont des petits projets visant à aider
un groupe d'artisans producteurs afin de garantir leur présence et leur survie
dans le cadre actuel d'une économie de marché. C'est l'histoire du chapon de
Morozzo. Le chapon de Morozzo? A Morozzo, un bourg dans la province de Cuneo
(Piémont), existe une foire au chapon centenaire. Voici plus de cinq ans, on y
trouvait à peine 150 chapons, vendus 130001ires le kilo [léquivalent de 6,50
eurosJ. Une misère et un élevage en voie de disparition. Dans le même temps,
nombre de restaurateurs italiens allaient chercher des chapons de Bresse qu'ils
payaient 60000 lires le kilo [l'équivalent de 30 eurosJ. Je suis allé Morozzo à
une réunion de paysans qui produisaient ces chapons. Je leur ai dit: «Je suis
venu ici pour acheter 7 000 chapons à 240001ires le kilo. Mais vous devez
accepter un cahier des charges qui reprend les choses que vous faites déjà: une
nourriture naturelle, pas d'élevage intensif, de l'espace en plein air suffisant
et la surveillance du vétérinaire du pays. » Ils étaient méfiants, mais nous
avons acheté d'avance 1000 chapons. Cette année là, j'en ai vendu à tout le
monde et l'on a parlé du chapon de Morozzo dans tous les restaurants. Résultat:
l'an dernier, 3000 chapons se sont vendus à 14 euros le kilo à la foire. C'est
devenu comme la Bresse en Italie. L'économie est repartie, les jeunes sont
restés au pays et ils ont construit un petit abattoir. C'est cela les
Sentinelles: redonner aux gens l'orgueil de leur métier et de leur produit et
accepter de payer un bon prix en échange d'une rigueur morale sur ce produit.
Slow Food pourrait ainsi se transformer en organisme qui délivre un label? Je ne
suis pas d'accord. J'ai une théorie selon laquelle pour avoir une autorité
morale, on ne doit pas utiliser de label. Je suis pour que nous soyons crédibles
en disant des choses sur les produits; mais l'autorité morale se gagne en dehors
de l'idée de label, qui est une formule commerciale, un outil économique, un
motif de spéculation et d'erreurs, qui peuvent être magistrales. Nous en avons
discuté à Slow Food et nous avons choisi de dire non au label, oui à l'autorité
morale. Comment se construit cette autorité? Le mouvement écologiste est dans
une stratégie de dénonciation, qui est nécessaire et que je respecte, mais il ne
construit pas l'alternative. A nous de le faire, lentement, à notre façon, et
les Sentinelles en sont une. A chaque produit sa méthode de valorisation. Pour
certains, il suffit de faire un peu de communication, pour d'autres de faciliter
la commercialisation ou de permettre la transmission d'un savoir faire en voie
de disparition ou encore de répondre à des besoins structurels (bâtiments,
etc.). Slow Food s'y est attelé, et nous avons gagné cette autorité morale parce
que nous avons eu l'humilité d'écouter les savoirs traditionnels et d'étudier
dans le même temps les techniques modernes afin de garantir la présence sur le
marché de ces produits menacés. Le succès fut au rendez vous parce que nous
faisions le travail que devrait faire la Communauté européenne pour la
sauvegarde de son patrimoine. Cette autorité morale s'accommode de partenariat
avec une multinationale du café comme Lavazza. Certains vous le reprochent Que
leur répondez vous? Beaucoup de communistes ne comprennent pas. Vous travaillez
avec Lavazza, vous avez de l'argent de Fiat. Et alors? On ne peut pas créer un
réseau comme Slow Food si l'on n'a pas les moyens. Lavazza a choisi de venir
avec nous et de changer doucement. Pour son nouveau produit « Terra », Lavazza
va payer correctement les producteurs de café et entamer un processus de
transformation de la matière première sur place. Pour moi, c'est suffisant pour
entamer un parcours virtuel. Si je refuse, Lavazza restera toujours dans le camp
adverse. Pour ces Sentinelles, il est indispensable d'assurer un prolongement
commercial. Comment y êtes vous parvenu? Au Salon du goût [Lavazza est un des
sponsors], qui se tient tous les deux ans au Lingotto (siège du groupe Fiat), à
Turin, se produisent toutes les Sentinelles. Elles y gagnent une visibilité et
une valorisation commerciale inaccessibles auparavant. En 1996, lors du premier
salon, nous avons réuni, sans grande publicité, 15000 visiteurs, essentiellement
italiens. Maintenant, le Salon est le rendez vous de tous les Slow Food du
monde. Plus de 130000 personnes en 2004, car le Salon n'est pas une foire
commerciale ordinaire mais un grand événement culturel qui se caractérise par
les Ateliers du goût. Durant quatre jours, 30000 personnes prennent des leçons,
assises comme à l'école, le crayon à la main, face à un bureau où des
spécialistes expliquent mets et boissons, et font déguster d'innombrables
produits souvent introuvables dans le commerce ordinaire. C'est une formule
unique au monde qui, depuis ses débuts, joue à guichets fermés. En 1998, il y
avait quatre ou cinq Sentinelles, une centaine en 2000 et, en 2004, on comptait
200 Sentinelles italiennes et 70 venues du monde entier. En 2006, nous espérons
250 Sentinelles italiennes et 300 internationales. En dix ans, la formule du
Salon aura complètement changé. Les stands ne seront occupés que par des
Sentinelles et celles du monde entier y seront majoritaires. Le prix Slow Food
participe de cette volonté d'ouverture sur le monde? La création, en 2000, du
prix Slow Food pour la sauvegarde de la biodiversité est une étape fondamentale
car c'est le prélude à Terra Madre. Ce prix ne devait pas être attribué à des
chercheurs ou à des experts mais à des éleveurs, des pêcheurs, des paysans, des
gens impliqués directement dans la production alimentaire etqui, par leur action
de tous les jours, préservent et défendent la biodiversité. Un jury
international de 800 journalistes et de personnes concernées par l'alimentation
proposait des candidatures qui étaient sélectionnées et ensuite soumises au
vote. Le prix Slow Food a récompensé aussi bien une femme qui a mis en valeur le
lait de chamelles dans le désert mauritanien qu'une tribu d'Indiens d'Amazonie
qui a réintroduit la culture du riz traditionnel sur son territoire. Chaque
remise de prix à Bologne, à Lisbonne ou à Naples nous a permis de multiplier les
contacts et de tisser des liens à travers le monde. En 2004, nous n'avions pas
d'argent et nous avons décidé que, plutôt que d'inviter 800 personnalités pour
remettre un prix, nous allions faire venir les paysans du monde. Et croyez moi
5000 paysans coûtent moins cher... C'est ainsi qu'est né Terra Madre, le
rassemblement en octobre 2004 à Turin de 1200 communautés alimentaires des cinq
continents. Quel était l'objectif de cette manifestation? Quand Slow Food a
lancé l'idée, on nous a tout de suite demandé quelle était notre plate forme
politique. C'est dans la tradition de gauche: le programme, toujours le
programme. Nous avons répondu que nous n'en avions pas. Parce que ce n'est pas
la bonne méthode dans un moment historique où nous avons besoin de dialogue, de
rencontres entre des gens venus d'horizons totalement différents mais sensibles
au même problème: la sauvegarde de la biodiversité. Terra Madre était conçu
comme un rendez vous international dans lequel Slow Food jouait le rôle du
passeur, celui qui facilite la communication entre les personnes et les idées.
C'était une première mondiale! Terra Madre a cependant pris position sur un
certain nombre de sujets, comme la souveraineté alimentaire ou les OGM. Quelle
est l'attitude de Slow Food face aux OGM? Nous pensons que l'application des OGM
dans le monde agricole est inutile car elle constitue un risque pour la
biodiversité, une atteinte à la liberté de cultiver bio, ou simplement
normalement, et qu'elle est contraire à l'intérêt de l'Europe, qui doit
préserver la biodiversité et le patrimoine que nous avons. Sur le plan
international, Slow Food le dit avec beaucoup de fermeté: les paysans du monde
ne sont pas favorables aux OGM, et lorsque les partisans des OGM disent vouloir
lutter contre la famine, ce n'est pas la vérité. Slow Food va t il détruire des
plantations d'OGM? Les méthodes violentes ne sont pas les nôtres. Nous préférons
le débat, l'argumentation, pour convaincre. C'est plus difficile, mais c'est
plus efficace. II faut discuter et créer des contaradictions dans le camp d'en
face. Slow Food prône le dialogue entre la science et le savoir traditionnel,
dans le respect mutuel. Yaura-til un second Terra Madre ? Pour quiconque a
assisté à Terra Madre, le plus important, c'était l'émotion générale. Certes,
durant trois jours, des dizaines de débats ont eu lieu sur des sujets aussi
divers que la fermentation du cacao, la petite pêche côtière ou les économies de
cueillette, mais j'ai vu avant tout des gens heureux d'être là ensemble et qui
devenaient des amis. C'est ça la magie Slow Food. Pourtous les paysans
piémontais qui ont hébergé de nombreux participants venus de partout, Terra
Madre a été la chose la plus fantastique qu'ils aient connue dans la région.
Cela a changé ma vie, m'ont écrit certains. C'est pourquoi je pense qu'il faut
battre le fer tant qu'il est chaud et, en 2006, un second Terra Madre devrait
réunir 1 000 chefs cuisiniers du monde entier à Turin. Pourquoi des Chefs ? Je
veux donner aux chefs du monde l'opportunité de participer au comité de
libération de la vieille gastronomie dont ils sont prisonniers. Celle qui passe
son temps à regarder les plats, celle des guides, des connaisseurs qui notent le
gout et la qualité du service! Si Slow Food est uniquement un regroupement de
«connaisseurs qui dînent », nous allons perdre l'esprit originel. Nous devons
stopper la schizophrénie du gastronome: celui qui parle de son propre plaisir
dans un monde où l'on meurt defaim. Comment ? Les chefs doivent devenir des
citoyens du monde. Leur travail, leur talent, leur réputation dans les médias
leur donnent une puissance extraordinaire. Ils doivent s'en servir pour apporter
leur soutien aux produits menacés ou en voie de disparition. Si 1000 chefs
intègrent dans leur carte une variété de lentilles, tel fromage au lait cru ou
telle viande de boeuf qui sont produits par des communautés du monde entier,
l'effet sera bénéfique aux deux bouts de la chaîne. Pour le producteur, un
nouveau cycle économique va commencer, et le cuisinier va découvrir de nouvelles
sources d'inspiration au contact d'autres cultures. C'est l'objectif de Terra
Madre 2: créer le lien entre les producteurs et les chefs, avec Slow Food dans
le rôle du passeur. De grands noms de la gastronomie mondiale soutiennent déjà
ce projet: Alice Waters, Ferran Adria, Alain Ducasse... Nous avons rendez à
Turin en 2006 . ARTICLE DU MONDE 2 N° 69 du 11 Juin 2005 rédigé par JP GENE TOUT
SAVOIR SUR LE MOUVEMENT SLOW FOOD Slow Food, association à but non lucratif, est
née en réaction au fast food, à (initiative de Carlo Petrini et d'une bande
d'amis piémontais, irrités par (ouverture d'un McDo à Rome, sur la Piazza di
Spagna, en 1988. Un siècle après le Manifeste du futurisme, de F. T. Marinetti,
qui fait (éloge de la vitesse, ils en ont écrit un faisant l'éloge de la
lenteur, de la diversité alimentaire et de la culture gastronomique sous toutes
ses formes, sans oublier le plaisir. Après un démarrage rapide en Italie (le
siège est à Bra, près de Turin), Slow Food est devenu un mouvement international
en 1989, tors d'une cérémonie à Paris. Avec (escargot comme emblème, Slow Food
compte aujourd'hui 80 000 membres dans une cinquantaine de pays et plus de 800
conviviums (banquet en latin), dont une trentaine en France. Le convivium
constitue (unité de base de Slow Food. Il regroupe des adhérents qui diffusent
les idées du mouvement au niveau Local: organisation d'événements, ateliers du
goût, dégustations, dïners thématiques, soutien aux producteurs menacés, défense
de la biodiversité, etc. Après (Italie fondatrice, la France, (Allemagne, la
Suisse, tes EtatsUnis et, depuis peu, le Japon, ont une organisation nationale.
Le rendez vous international des militants se déroule tous tes deux ans à Turin,
à (occasion du Sa(one de( gusto. Intercalé entre deux Salons du goût, Cheese est
une autre manifestation Slow Food, qui rassemble les meilleurs producteurs de
fromage à Bra. Slow Food a fait de la défense du tait cru l'un de ses thèmes
majeurs de mobilisation. Slow Magazine, disponible quatre fois par an (en
italien, anglais, français, allemand, japonais), est la vitrine éditoriale du
mouvement qui, au fil des années, a publié de nombreux guides sur te vin comme
sur la gastronomie et le tourisme. Slow Food s'est peu à peu transformé en
organisation éco gastronomique à travers des projets comme (Arche du goût,
recensant les produits en voie de disparition, et son bras armé, les
Sentinelles. On en compte cinq en France: la lentille blonde de Saint Flour, le
porc noir de Gascogne, la volaille Coucou de Rennes, le rancio sec du Roussillon
et le navet noir de Pardailhan. Depuis l'automne 2004, l'Université des sciences
gastronomiques, créée à (initiative de Slow Food, avec le soutien des régions, a
ouvert ses portes à Pollenzo (Piémont), suivie par le campus de Colorno, près de
Parme (Emilie Romagne). Ces deux institutions accueillent des étudiants du monde
entier et entendent redonner sa « dignité académique » à la gastronomie à
travers un cursus universitaire classique. Terra Madre, le premier rassemblement
de 1200 « communautés alimentaires » du monde entier (5 000 personnes à Turin en
octobre 2004), a marqué un « changement génétique » du mouvement, selon Carlo
Petrini. « Slow Food ne doit plus être une association localisée seulement dans
les pays riches, mais une association planétaire avec une participation dans (es
pays pauvres ». Commencer un dialogue entre la science et le savoir
traditionnel, renforcer le lien entre le producteur et le consommateur,
respecter la biodiversité et défendre la gastronomie comme une science complexe
ne se limitant pas à (assiette, tels sont aujourd'hui les objectifs principaux
de Slow Food. Slow Food France (Perpignan) Tél. : 01 45 51 90 44. Site Internet:
www.slowfood.fr Slow Food International,
site
Internet: http://www.slowfood.com
SLOW FOOD PAYS PASQUE BIZI ONA
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