Notre prochaine rencontre, qui se déroulera exceptionnellement un jeudi , aura pour thème la cerise d’Itxassou. Comme elle ne pouvait se tenir que dans le village d’Itxassou, nous nous retrouverons, le Jeudi 28 mai, à 19 heures, au restaurant « Le Chêne » où nous serons accueilli par Geneviève Salaberry, propriétaire de cette adorable auberge de campagne blottie à l’ombre de l’église du village, où Jean Estevecorena, Président du « G.I.E. Cerise Itxassou-Itsasu » et Maryse Cachenot nous conteront l’histoire de la cerise d’Itxassou.
Le village d’Itxassou :
Dans l’arrière pays du Pays Basque où le printemps, lui aussi, est en crise, les coteaux et les champs, les bois et les pâtures, arrosés à plus soif, déclinent à l’infini leur palette de verts.
D’ici quelques semaines, les mois qui font l’été devraient se mettre en ordre pour que les vacanciers, visiteurs de passage, partent à la rencontre du joli temps qu'ils prennent tout bêtement pour rien. Baladins en troupeau, ces visiteurs aveugles ne connaîtront rien de l’intimité accueillante des routes et ruelles du village d’ Itxassou. Bordées de cerisiers d’antan dont quelques feuilles se détachent pour adoucir l’asphalte elles mènent sur une place cernée de maisons, jadis couleur « sang de bœuf », aujourd’hui « rouge basque », et tout au bout, là où depuis toujours les ombres du soleil s’amusent à jouer, le fronton.
Plus loin, bien plus loin, tout au bout d’une route jolie dont le tracé serpente au cœur d’un paysage reposant de montagnes vertes, une belle église du XVII°siècle se détache sous un ciel dont la luminosité n’a rien à voir avec celle de la côte.
Dédiée à Saint-Fructueux, protecteur des fruits, dont la statue domine le tabernacle, elle a été exhaussée et allongée de la longueur du chœur actuel en 1670. On accède à ses très belles tribunes par un escalier dont la rampe représente le maître de l’ouvrage tenant une règle et un ciseau. Le balcon de la première tribune est réservé aux autorités civiles du village, le maire et les jurats. Le mobilier intérieur est remarquable : le tabernacle du retable central en bois doré richement travaillé est entouré d’un bas relief polychrome représentant la cène, le lavement des pieds, Jésus tombant sous la croix, et son agonie. Le retable est surmonté d’un magnifique Christ entouré de la Vierge et de Saint-Jean. Trois tableaux achetés au Mexique sous l’Empereur Maximilien d’Autriche ornent les murs de l’église : une représentation de la mort de Saint Joseph, un Saint-Paul et un François d’Assise attribué à Murillo. Le “trésor” de l’église possède une croix et divers ornements d’autel en argent massif doré, enrichis de pierres précieuses, don de Pedro Detchegaray, enfant du village ayant fait fortune en Amérique. Ce trésor ayant souvent tenté la cupidité des maraudeurs il fut parfois enfoui pour le soustraire à un coup de mains. Durant la guerre d’Espagne du XIX°siècle, des voleurs s’emparèrent du sacristain et le menacèrent d’une mort affreuse s’il ne révélait pas le lieu de la cachette. Ayant gardé son secret, les voleurs l’abandonnèrent et le courageux sacristain fut délivré par les habitants du village qui le soignèrent de ses blessures et lui furent “éternellement” reconnaissant d’avoir protéger leur trésor.
La cerise d’Itxassou :
Nul ne sait comment et pourquoi les cerisiers apparurent en bordure des prés et des sentiers d’Itxassou au XIII° siècle. Ce que l’on sait par contre c’est qu’au cours du XIX° siècle, une trentaine de tonnes de cerises se vendait sur les marchés de Cambo et du Pas de Roland mais aussi, plus simplement, le long de la route de Bayonne à Saint-Jean-Pied- de-Port où “l’or rouge”, petit pactole local d’appoint pour quelques jours, était porté à dos d’âne ou sur des traîneaux après avoir été cueilli par des nuées d’enfants papillonnant dans les hautes branches fragiles. Dans les années mille neuf cent vingt, trois cents tonnes de fruits étaient encore ramassées. La seconde guerre mondiale mit un terme à cette production : on pensait plus à l’efficacité qu’au romantisme ! Et, malgré sa saveur exceptionnelle, la cerise d’Itxassou, fut malheureusement délaissée, et les cerisiers arrachés !
En 1949 cependant, à la suite de la “Fête de la Terre”, il fut décidé de célébrer le fruit emblématique du village et de créer à Itxassou la “Fête de la Cerise”alors que la petite production locale commençait à être débordée par la concurrence de variétés indigènes prodigues et précoces à la fois... Bon an mal an, Itxassou parvint cependant à préserver sa réputation et à produire une dizaine de tonnes chaque année.
Depuis 1994, une douzaine de producteurs réunis au sein du « G.I.E. Cerise d’Itxassou-Itsasu » se sont donnés pour objectif de relancer cette exceptionnelle production en plantant plus de 4.000 arbres de ces trois variétés locales dont la hauteur modeste - 3 à 4 mètres - permet la cueillette au sol. Lorsque l’on, sait que l’on ne peut espérer une première récolte, si le temps le permet, qu’au bout de cinq à six ans, on ne peut que saluer cette démarche des plus courageuses !
Les centaines de cerisiers qui fleurissent sur les collines et vallons dominant le village d’Itxassou produisent trois variétés de cerises :
- la Xapata, goûteuse et sucrée, majoritaire à 70 %,
- la Peloa, petite et sombre, que l'on croque dès la cueillette ou une fois cuite,
- la Beltza, de couleur sombre tirant vers le noir, complément indispensable du gâteau basque, et traditionnellement appréciée en accompagnement du fromage de brebis du Pays Basque.
Parfaitement adaptées aux conditions climatiques de l’arrière pays, ces trois variétés traditionnelles sont les seules à « pousser au pays ». Les quelques tentatives de « renouveler » le verger avec des variétés plus productives ont été un échec flagrant.
Si le Bon Dieu qui se mélange un peu les saisons en cette période de crise avait la bonté de nous offrir quelques rayons de soleil avant notre prochaine rencontre, les cerises d’Itxassou devraient être à maturité dès la fin de ce mois pour atteindre leur pic de production à la mi-juin.
Rare par la quantité de cerises produite, l'authentique confiture de cerise d'Itxassou dont les fruits proviennent du village portent la mention : "Cerise d'Itxassou-Itsasu".
Méfiez-vous des imitations !
Le restaurant “Le Chêne », à ITXASSOU.
Le décor et l’atmosphère du restaurant du Chêne ont un charmant parfum de maison de famille qu’entretient avec un doux savoir-faire Geneviève Salaberry. Que ce soit sur sa terrasse ombragée d’une glycine centenaire, ou devant la cheminée de sa jolie salle à manger, cette femme d’une rare courtoisie accueille tous ses clients de pareille manière : le plus chaleureusement du monde. La lumineuse salle à manger « poûtrée » de bleu est joliment décorée de tableaux que l’on aimerait emporter chez soi. Elle sert d’écrin à une cuisine d’inspiration régionale toute de franchise et de légèreté servie sur un très beau nappage aux différentes teintes de bleu en parfait accord avec la couleur tendresse de cette adorable auberge campagnarde du XVII° siècle où le savoir faire se transmet de génération en génération.
“Le CHÊNE”, à l’ombre de l’église d’Itxassou. tél. 05.59.29.75.01 ..
Nous vous invitons, dès réception de ce courrier, à retenir votre place à cette soirée dont le prix de 30 Euros, par personne, est payable d‘avance, soit par paypal, soit par chèque libellé à l'ordre du restaurant : « Le Chêne », et adressé à réception de ce courriel à :
Henri Bernard Lapeyre, 3 allée de la Tourangelle - 64600 - ANGLET.
Bernard Carrère.
Les commentaires récents